Satanée ciel bulgare. Toujours des nuages gris, bas. Nous ne sommes pas pressés de nous lever au bord d'un étang en rase campagne, au calme.
Un jeune couple sur une charrette à cheval passe à côté de nous, et nous explique qu'il a travaillé en France et faisait les vendanges en Champagne. Toujours aussi gentils les bulgares.
Un quart d'heure plus tard, un gros pick-up s'arrête un peu précipitamment et nous fait comprendre de partir sur le champs. A son ton, j'ai senti qu'il n'y avait aucune négociation possible. Pas toujours aussi sympa les bulgares.
L'argent rendrait-il à ce point inhospitalier, ou est ce le fait d'un pur hasard.
Donc ciel gris, mon rendez-vous pour aller voler ce matin sur un autre site accessible en voiture est largement compromis.
Nous visons alors, non loin de Sopot un village qui semblerait très authentique, coloré, et tout et tout. Koprivchtitsa. Faut s'entraîner pour prononcer ces noms...
Ce détour en vaut vraiment la peine. Une grande partie du bourg se compose de ces maisons typiques, faites de pierres et de bois joliment peintes et décorées. Des bleues, des rouges, jaunes.... Les jardins fleuris et entretenus égayent le paysage. Buccolique et authentique, ce coin.
Sur les portes des maisons ou jardins sont placardées tous les défunts du lieu avec photos. Ça fait bizarre.
Le ciel s'ouvre vite, brise de sud, jolis cum. Hum !!! Ça sent bon un après midi de vol.
On y va, je vérifie les conditions, toujours seul évidemment. Ça me semble impeccable pour un premier vol bulgare.
Régal et beaux paysages sous mes pieds.
Après une heure de bons thermiques je me pose à côté d'Irène, tel le chevalier servant aux pieds de sa princesse qui m'attend patiemment que j'ai fini mes conneries.
L'anecdote du soir au bivouac : nous sommes bien planqués dans une forêt, la douche est prise, peignoirs enfilés et nous regardons les photos de la journée. La pénombre est installée.
Tout d'un coup Irène me dit "ça bouge là dans les fourrés, y a un mec".
Je regarde, rien. Je re-regarde, et aperçois une silhouette en train de nous mater en se cachant le plus possible.
Waouh, petit coup de stress pour tous les deux. Je descends du camion et je vais vers lui pour l'interpeller, mais voilà qu'il fait demi-tour et repart en courant.
Vu ma tenue et mon manque de palabre bulgare, je rentre au camion et décidons de décamper.
Le programme du lendemain étant une rando sur les crêtes quelques 1000 mètres au dessus de nos têtes, nous y allons en sachant que nous y perdrons dans la nuit environ 10°. Vérifié 🤤.
De plus le vent se lève à en faire tanguer Gros Bidon. Au moins 100 km/h nord, et 1°.
On se croirait au mois de janvier par un coup de notre chère Tramontane.
Du coup, on se dégonflepour la rando et direction la vallée où il fera meilleur, et poursuivre notre route vers Sofia.