Difficile de décrire objectivement les paysages que nous rencontrons en Bosnie-Herzégovine, si ce n'est les majestueuses et impressionnantes gorges et vallées creusées par des rivières tumultueuses aux couleurs émeraude sur plusieurs dizaines de kilomètres.
Le paysage est toujours aussi vert comme rarement j'ai vu, et les reliefs beaucoup plus accidentés, les vallées beaucoup. plus étroites qu'en Serbie.
On adore. Le seul hic est que les réseaux routiers étant guidés essentiellement par ces cours d'eau, il est donc assez difficile de trouver de bons bivouacs plats et isolés, comme on les aime.
Donc pour la première fois de notre voyage, nous nous offrons un camping qui a l'excellente idée d'être sur les berges de la Drina, vraiment au bord de l'eau et d'avoir un restaurant tenu par un jeune très sympathique (grillades et truites façon bosniaque pour une somme très raisonnable).
La route se poursuit vers Sarajevo, mais deux petites haltes s'imposent.
"Les pyramides de sable", phénomène d'érosion par les pluies et le vent sur un sol friable sablonneux créant comme des cheminées ou des sculptures éphémères.
Et une très jolie cascade accessible par un sentier descendant super raide et glissant.
Sarajevo, la ville de tous les martyres pendant la guerre des Balkans.
Petit rappel d'histoire.
Outre le fait que c'est à Sarajevo qu'en 1914 l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand à déclencher tous les prétextes à la première guerre mondiale, c'est de 1992 à 1995 que les serbes ont pilonné la ville chaque jour, la détruisant presqu'en totalité, faisant des dizaines de milliers de victimes parmi la population civile.
Et ce n'est qu'en 95 que les Nations Unies interviennent enfin pour faire arrêter le massacre.
Durant cette guerre "le Tunnel de l'Espoir", long de 800 mètres, a été creusé entre la capitale et les faubourgs, en passant sous l'aéroport, afin de permettre le ravitaillement et la fuite d'une partie de la population.
Nous sommes allés visiter ce tunnel, qui est maintenant ouvert au public, pour montrer aussi les conditions de vie durant cette affreuse période. Beaucoup d'émotions, et tout ça pourquoi ...
Les stigmates de la guerre sont très présents à Sarajevo. Il faut dire que cela ne fait que 30 ans. Ce n'est rien.
Pour autant il y règne une ambiance incroyable. Le petit centre historique est très ciblé sur le quartier musulman. C'est une veritable petite médina à la bosniaque. On ne se fait pas aborder par les commerçants, nous allons vers eux.
Ils sont généreux de leurs sourires et fiers de ce qu'ils vendent et fabriquent sous nos yeux. Presque chaque rue à sa spécificité en achalandage (bijoux, tissages, cuivre martelé...), et les odeurs de grillades planent un peu partout (enfin ça, c'est Irène qui le dit, car en ce qui concerne mon odorat, il faudra repasser).
Ça nous a permis de goûter au vrai kebab et au ćevapi (genre de pain pita avec des petites saucisses de boeuf dedans et sauce au paprika).
Dans ce quartier il n'y a aucune voiture, personne ne court...
Une journée à flâner dans Sarajevo, aura été un réel plaisir, malgré un monde de folie.
Mais comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous repartons en direction de Mostar, vers le Sud Ouest.