Nous sommes passés sur le versant sud des Appenins, et la chaleur se fait vraiment sentir.

Après une journée de vol sur le site de Diciemo achevée avec les pilotes locaux autour d'une table à apéro, et une autre dans les gorges de la Lima à faire une jolie descente en kayak, sans doute un peu trop exigeante pour notre embarcation pneumatique, l'envie de plages et d'eau turquoise se fait franchement sentir pour Irène, et pour moi un peu aussi 😁.


Le littoral de Pise ou Livorno n'est pas beau et noir de monde, donc la décision est prise de descendre encore un peu plus vers le sud pour embarquer, une fois de plus, sur un ferry direction l'île d'Elbe.

De ce que je me souviens, c'est une petite Corse, par sa côte très découpée, ses belles eaux cristallines, et ses reliefs aux immenses forêts de chênes verts.

Seule ombre au tableau, j'ai encore et toujours la crainte d'une forte concentration touristique, et de difficultés à trouver des bivouacs sauvages sur cette île où on lit beaucoup d'interdits.

On verra... ce n'est qu'une heure de traversée.


Je m'engage vis à vis d'Irène à passer la première journée à ne rien faire. Enfin je veux dire, ne pas bouger, flemmarder, lézarder au soleil, griller sur la plage, et un peu se baigner quand même.

C'est chose faite, avec une matinée sur une jolie plage qui se peuple d'heure en heure, alors on s'en va, et un après midi quelques kilomètres plus loin, le camion à 10 mètres de l'eau, et quatre personnes en tout et pour tout. Nickel !

Notre bivouac sera moyennement qualitatif par le manque de vue alors que nous surplombons la baie de Procchio. Mais tout se passe sans histoire.


La seconde journée me plait d'avantage, car nous faisons une petite rando un peu style "mare a monti" comme on dit en Corse. Une grande partie se déroule sous les chênes verts nous protégeant du soleil qui n'est pas vraiment là aujourd'hui, et nous arrivons après 10 km dans une petite crique adorable, très peu occupée. En effet, elle n'est accessible que par bateau ou à pieds. Cela nous donne l'occasion de nous reposer un peu et surtout de nous baigner. L'eau doit être à 23°.

Cela nous a permis également de découvrir la germano-sirène.

Un jeune couple arrive en paddle sur la plage, et voilà que la charmante femme se met un haut de maillot de bain avec des écailles, et enfile avec beaucoup de difficulté une longue queue de sirène en néoprène. Ne pouvant plus bouger, son charmant cavalier la prend dans les bras et la met dans l'eau. Lieu normal pour une sirène.

Impressionnant ! Elle nous a fait quelques dizaines de mètres subaquatiques à une vitesse incroyable.

Et voilà que le beau mâle assis sur son paddle se fait tirer par sa sirène.

Nous sommes partagés entre fou rire et stupéfaction. Nous apprenons le soir même après étude du sujet, que c'est la nouveauté de l'année. Il faut donc s'attendre à voir des grandes queues de poissons un peu partout cet été.


Si vous venez à l'île d'Elbe, faites attention à deux choses : bien veiller à ne pas écraser ces grosses bêbêtes en conduisant, on ne sait jamais, et regarder les prix des consommations dans les bars de plages, comme par exemple 18€ le jus de fruits.

Notre bivouac sera un peu mouvementé par des allers et venues de riverains, mais sympa. Quelques mouflons viennent dîner tout près de nous, et un gros sanglier défonce un sous bois bruyamment.


Le troisième jour se passe sur l'eau, en kayak à partir de la plage de San Andrea. Pour s'y rendre, nous passons par un magnifique village de montagne aux couleurs toscanes.

Poggio est un gros bourg perché à 350m d'altitude avec la majorité des maisons qui bénéficient d'une vue sur la côte, à couper le souffle.

En fait nous sommes toujours sur la côte Nord afin de nous protéger du vent de sud encore très soutenu et des nuages bas qui restent bloqués par les reliefs.

San Andrea fait partie de ces très nombreux petits villages de bord de mer nichés au creux de très belles criques. Mélange de verdure, de roches rouges ferreuses, de sable blond et d'un camaïeu de bleus. C'est vraiment très beau.


Donc, nous partons pour une balade kayak bien calme avec pique nique et baignade à la clé. On ne va surtout pas se plaindre.

Ah, enfin demain le vrai beau temps revient sans vent ni nuages. La côte Ouest et Sud nous attend.

La route de corniche sur l'ouest de l'île est très impressionnante. Nous roulons avec environ 200 mètres d'à pic au dessus de la mer. Heureusement que la chaussée est assez large et en bon état. Toujours mieux que la Sardaigne.

Le sud est très différent de ce que nous avons vu ces derniers jours. Place aux pins méditerranéens et au maquis. Bonjour petits villages peu touristiques aux allures andalouses, les ocres toscans ayant disparus.

Même si la côte Nord est loin d'être bétonnée, le sud semble beaucoup plus préservé et calme.


En ce quatrième jour, l'activité sera vtt, toujours avec dans l'esprit de terminer par un gros plouf. Pas trop dur car il fait chaud, suffisamment étendu pour avoir un bon aperçu du secteur sud-est de l'île, un peu joueur pour casser le rythme. Tout y est, l'affaire est conclue, le massif de Capoliveri sera notre terrain de jeu aujourd'hui.

Très bon choix sans le savoir de prime abord, car c'est le coin de l'île où le vtt est l'incontournable activité.

Nous croiserons, et nous nous ferons dépasser dans les côtes (et oui, il n'y a que des vélos nucléaires ici, alors faut pas pousser...) par un nombre impressionnant de vététistes italiens et allemands.

Bon, des italiens, c'est normal, mais des allemands en telle quantité ça doit être... normal aussi. Y en a partout, dans l'eau, sur le sable, sur les pistes et les routes.

Je me demande dans quel pays les allemands ne voyagent pas...

Une fois n'est pas coutume, la séquence vtt s'achève à la plage pour quelques heures de franc soleil et une mer meilleure de jour en jour.

D'ailleurs Irène se sera trempée trois fois aujourd'hui. C'est sans nul doute un record absolu.


Voilà, notre séjour sur Elba s'achève ce soir, avec un sentiment très positif de ce petit coin de l'Italie, en espérant que l'industrie du tourisme n'en fasse pas trop car je pense déjà qu'en plein été, cela doit être carrément invivable.